Le Tallec

L’histoire de l’atelier Le Tallec

L’atelier porte le nom de son créateur : Camille Le Tallec. Né dans le quartier de Belleville à Paris en 1906 il entreprend des études à l’École du Louvre où il soutient en 1929 une thèse sur la porcelaine de Nast au XIIIe siècle. Il reprend en suite en 1930 le petit atelier familial de décoration sur porcelaine de Limoges fondé par ses parents vers 1905.

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Rapidement, Camille Le Tallec décide de perpétuer fidèlement la tradition de décoration sur porcelaine de la manufacture de Sèvres en transformant l’entreprise artisanale familiale en atelier de céramique moderne d’une trentaine de peintres dépositaires de la tradition et du savoir-faire français de la peinture sur porcelaine du XVIIe siècle et du XIXe siècle. L’atelier Le Tallec aura pour devise : « Ni copies, ni pastiches, simplement du travail bien fait. »

De 1930 à 1960, l’atelier Le Tallec prend de l’ampleur et sa renommée s’étend aux tables les plus prestigieuses avec notamment des commandes réalisées pour la reine Élisabeth II d’Angleterre, les rois Mohammed V et Hassan II du Maroc, la reine de Hollande Juliana, le prince du Qatar Abdelaziz bin Ahmed Al Thani, le Shah d’Iran Mohammad Reza Pahlavi, la République française, la Ville de Paris, et quelques grandes fortunes ou artistes.

En 1961, Camille Le Tallec entame une longue collaboration avec Tiffany & Co qui aboutira en 1990 à l’achat et à l’intégration de l’atelier Le Tallec au sein de l’entreprise. Après 15 années passées en son sein le joaillier américain décide de fermer l’atelier après 90 ans d’activité continue.

Yannicke Maudet, peintre depuis 35 ans chez Le Tallec, devenue successivement chef d’atelier, directrice puis dirigeante de l’entreprise reprend le flambeau et ré-ouvre l’atelier sous une nouvelle forme.

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Un savoir-faire inégalé

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Savoir-faire
Définition: n.m: Habilité à bien faire, encore et toujours et” à le faire savoir.”

L’atelier Le Tallec, s’évertue à perpétuer les techniques des manufactures royales des Maîtres français du siècle des Lumières et des Arts.
La tradition des gestes sûrs permettent au peintre de créer des décors entièrement peints à la main. et d’ un raffinement inimitable.
Le peintre formé aux diverses techniques, exécute le décors dans son intégralité sur une porcelaine de Limoges.

Le Banc:
Le peintre sélectionne une pièce blanche de qualité qu’il nettoie pour éliminer les poussières.

Mise en place du décor:
Avec un crayon gras l’artiste délimite le ou les filets et divise sa pièce si besoin.
Le décor est ensuite tracé directement au crayon sur la porcelaine, ou bien à l’aide d’un poncif. Celui-ci est fait d’un papier transparent ou le décor à été reporté et percé avec une aiguille suivant les traits.
Une fois le poncif appliqué sur la pièce à décorer, il est frotté avec une poncette remplie de charbon de bois pillé. Le motif est ainsi transféré sur la porcelaine.
Le peintre commence alors son travail : La réserve est posée au pinceau et permet de garder des surfaces protégées de la couleur.

Les pigments:
Les pigments sans plomb sont à base d’oxydes métalliques et sont délayés avec de l’essence de térébenthine et un médium qui fixera la poudre de couleur sur la pièce.
Afin d’avoir toujours une couleur identique et d’éviter d’avoir une variation de teinte entre les pièces, , les différentes poudres seront pesées, mélangées et mixées. Puis conditionnées dans des pots où la “recette aura été soigneusement relevée.

Les cuissons:
Généralement au nombre de trois, elles sont réalisées dans un four électrique.
Une cuisson à 900°c pour les couleurs dites de “grand feu”.
Un cuisson à 850°c pour l’or sur la porcelaine blanche.
Et enfin une cuisson à 690°c pour les métaux précieux sur la couleur.

Signature:
Chaque pièce reçoit la signature du peintre sous forme d’initiales. celle ci est faite à la plume sergent major.

L’agate:
Geste ultime qui consiste à graver l’or à main levée à l’aide d’une pierre d’agate les détails d’un décor.

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La porcelaine de Limoges

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Depuis le début de l’ère chrétienne jusqu’au XVIIe siècle, des objets chinois exotiques, recherchés, rares et chers, sont acheminés en Europe par voie terrestre (route de la soie) ou par voie maritime ouverte par Marco Polo.

Alors que la fascination pour la porcelaine se développe dans toute l’Europe, un Jésuite, le Père François-Xavier d’Entrecolles, né à Limoges le 25 février 1665 et mort à Pékin le 2 juillet 1742, rapporte par un récit détaillé la fabrication de la porcelaine en Chine, en 1712 et en 1722. Dans toute l’Europe se développe la volonté de produire une porcelaine qui «pourra rivaliser avec celle des Indes orientales».

C’est à Meissen, en Saxe (actuelle Allemagne) que Johann Friedrich Böttger, un alchimiste, perce le secret de la porcelaine en 1710. La toute première manufacture de porcelaine de Limoges est en fait une «Fayancerie Royalle» fondée à Limoges en 1736 par Massié. C’est dans cet établissement travaillant la faïence grâce à un agrément royal que l’on commença les essais de fabrication et de cuisson de la porcelaine de Limoges à partir de 1770.L’essor des manufactures s’est fait en vendant de la porcelaine dans toute la France, en particulier des services de table complets pour des mariages ; et aussi par l’export à l’étranger, en particulier vers les Etats-Unis.

Si la profession a subi les conséquences des deux guerres mondiales, des crises économiques et de la concurrence internationale, elle a su s’adapter en modernisant ses outils de production. La réputation de la porcelaine de Limoges, alliance de la tradition et du progrès, demeure inégalée.

Elle est restée la vaisselle des chefs d’états, rois, princes et ambassadeurs, tout comme le symbole du bel art de vivre sur les tables du monde entier, riches ou modestes.

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